Saint-Brieuc – Soutien à Nia et à sa famille

Pour soutenir la famille de Nia, la jeune collégienne géorgienne scolarisée au collège Racine, expulsée de son logement le 10 mai dernier et sous le coup d’une OQTF, un collectif solidaire a organisé une cagnotte en ligne.

« Cette cagnotte a pour but de venir en aide à la famille Iasagashvili, qui a été expulsée en mai de son logement d’urgence après avoir déboutée de sa demande d’asile, mais qui reste dans l’impossibilité de repartir en Géorgie et de s’y sentir en sécurité.

Parmi les trois enfants, deux sont scolarisées : l’aînée passe d’ailleurs le Diplôme National du Brevet à la fin de l’année scolaire. Elève exemplaire et destinée à une poursuite d’études en seconde générale, elle se retrouve actuellement, avec toute sa famille, dans une situation plus que précaire, d’un hôtel à un autre, parfois hébergés par des bénévoles. »

La situation est urgente. Voici le lien pour en savoir plus et apporter son aide :

https://www.papayoux-solidarite.com/fr/collecte/soutien-a-nia-et-a-sa-famille

Si vous souhaitez transmettre un message de soutien, ou recevoir plus d’informations, n’hésitez pas à contacter l’adresse mail suivante : famille-nia@laposte.net

SoutienNia-et-sa-famille

 

Festival de Cinéma de Douarnenez (29)

APPEL A SOUTENIR LE FESTIVAL : FAIRE UN DON

À l’aube de sa 42ème édition, le Festival de Cinéma de Douarnenez a besoin de vous pour poursuivre sa belle aventure.

Le Festival en quelques mots…

Le festival de cinéma de Douarnenez est bien plus qu’un festival de cinéma. Il est né en 1978 sur un bout de terre que certains considéraient comme loin de tout et donc sans vie. Et pourtant, les habitants qui vivaient dans ce magnifique environnement se sont rebellés contre l’installation d’une centrale nucléaire. Non pas pour rejeter l’autre mais pour dire qu’on ne peut pas « désapproprier » des êtres de leur pays, de leur paysage, de cette terre qu’ils respectaient, comme on doit respecter son corps, tous les corps. 
Ces luttes ont aiguisé l’intérêt et la solidarité envers les résistances d’autres peuples à la domination mortifère de l’uniformisation du monde, à sa désincarnation.

Depuis plus de 40 ans sont invités des peuples ou des groupes de personnes proches ou lointains, qui ont en commun de lutter pour l’environnement, la diversité des cultures et des langues. Le festival est devenu pour elles et eux une tribune, parfois un refuge, un espace de rencontre avec l’autre, une université populaire. C’est un rendez-vous majeur du cinéma, de la culture et de la connaissance, des identités, de la pensée collective, de l’art et de la critique au gré des films, débats, palabres, concerts, expositions, lectures…

Ce biotope fragile favorise le vivre ensemble, mais surtout le vivre avec… avec l’autre, les autres, en porosité avec notre environnement. Un environnement (naturel, culturel, social) qui n’est pas seulement un outil de production mais avant tout un espace vital à respecter impérativement.

Pourquoi avons-nous besoin de votre soutien ?

Nous devons aujourd’hui faire face à de nombreux facteurs qui mettent en danger immédiat le Festival:

  • La suppression des contrats aidés
  • La fermeture d’un des deux cinémas de la ville nous prive de 9 000 places sur la semaine. Les équipements de la ville étant limités, nous devons compenser par l’installation de salles de projection éphémères, ce qui est coûteux en termes d’équipement et nécessite des ressources humaines supplémentaires
  • Les obligations en matière de sécurité se sont durcies ces dernières années et engendrent un coût important
  • La fréquentation en hausse du festival prouve qu’il répond à un besoin mais oblige à professionnaliser certains postes et à multiplier le nombre de bénévoles. Ce qui rend son organisation de plus en plus complexe.

Nous travaillons sur des solutions, notamment avec nos partenaires institutionnels et privés, mais cela ne suffira pas.

Le Festival a plus que jamais besoin de votre soutien pour assurer sa survie !

A quoi servira l’argent collecté ?

Les frais de déplacement et d’accueil de nos invités·es Algériens·nes. Elles·ils sont au cœur du Festival, viennent expliquer leurs combats en faveur de la démocratie, nous offrir leurs voix et leurs présences ;

Les frais liés aux débats et palabres qui sont gratuits pour le public et essentiels aux fondamentaux du festival ;

La programmation musicale : fest-noz, raï, musique berbère, rap… La musique est un élément nécessaire à la convivialité de la place du Festival que nous voulons ouverte à tous. Un lieu unique et central où se retrouvent les invités et les festivaliers autour d’un verre ou d’un repas, où l’on partage sa culture en discutant, dansant ou chantant.

La sécurité de la place demande de plus en plus de moyens afin de répondre aux exigences légales.

1er mai – Louis Guilloux – La Maison du peuple

Résultat de recherche d'images pour "la maison du peuple"      Ma mère se levait. Chaque jour, elle faisait quelques pas dans le jardin de l’hôpital. Nous allions la voir plus souvent. En cachette, nous lui portions des friandises, des gâteaux, des fruits, et dans une petite bouteille, du café, bien meilleur que celui de son ordinaire…
« On me garde bien longtemps, disait-elle. Et j’aurais tant à faire à la maison… »
Nous étions en avril. On lui dit :
« Vous sortirez avant la fin du mois. »
Cela ne faisait plus qu’une quinzaine de jours à attendre.
« Dieu soit loué ! Ces quinze jours passeront vite… !
– Et puis, dis-je, tu seras là pour la fête.
– Il veut parler, expliqua ma grand-mère, de la Fête du Travail qu’ils vont faire pour le premier mai. »
A l’atelier de mon père, il était question depuis longtemps de cette fête. Les camarades devaient défiler à travers la ville. Il y aurait un char.
« Si ma femme est debout, j’irai. Autrement, non. »
Et les camarades répondaient :
« Ça se comprend, Quéré. »
Marlier réunissait sa chorale trois fois par semaine à la Bourse du travail…
Nous racontâmes tout cela à ma mère.
« Voilà du nouveau, dit-elle. Une fête du Travail !… Et vous dites qu’il y aura un char ?»
Elle y viendrait sûrement et la joie serait complète…
Comme on le lui avait promis, elle quitta l’hôpital quelques jours avant la fin du mois d’avril. Nous allâmes l’y chercher vers les cinq heures. Elle revint à pied, fière de nous montrer combien elle se sentait forte. Mais en rentrant elle se laissa tomber sur une chaise, comme au retour d’une promenade trop longue, et se mit à regarder autour d’elle avec étonnement tous ces objets qu’elle connaissait si bien.
La grand-mère avait préparé un petit repas. Elle était encore tout affairée quand nous entrâmes.
« Enfin, te voilà… »
Notre bonheur était grand, mais le lendemain la grand-mère annonça :
« Je vais partir. Il le faut bien.
– Partir !
– Quand tu seras tout à fait en train, dans un jour ou deux… »
Ma mère la regarda tristement. Elle avait envie de lui dire :
« Reste avec nous. »
Mais elle ne voulut pas la contrarier et, bien qu’elle eût de la peine :
« Avec le beau temps, dit-elle, tu auras moins de mal… »
… Nous avions beau penser que nous la verrions souvent, nous n’étions pas consolés. Elle fit comme elle avait annoncé. Déjà, ma mère vaquait à son ouvrage comme par le passé. Ma grand-mère nous quitta le surlendemain. J’avais déjà oublié mon chagrin, si peu de temps avant le départ, quand vint la Fête du Travail.
Ce fut un dimanche. Mon père partit en avant. Nous courûmes au jardin public : le cortège s’ébranlait. La ville entière était là. Dans la grande allée, on n’avançait pas. C’était comme un jour de Fête-Dieu, quand la ville est tendue de blanc, qu’il y a des reposoirs, et, aux fenêtres, des bannières. Le sable roulait en grésillant sous les pieds du monde, et le soleil tremblait dans le feuillage des grands arbres. Il était dix heures du matin.
Nous ne voyions pas encore le cortège, mais nous entendions un chant :

      Vive le Premier Mai,,
      Frères, notre souffrance
      Passera comme l’âpre hiver
      La grâce du Printemps
      Fête notre espérance,
      Mêlons des fleurs aux rameaux verts…

      La foule augmentait.
« Venez », dit ma mère.
Elle nous entraîna, et nous vîmes déboucher la musique. Et derrière la musique flottait une bannière rouge, frangée d’or, portant l’inscription : Les Enfants du Peuple.
Tous nos petits camarades étaient là, dans leurs beaux habits du dimanche, filles et garçons, et chantaient, conduits par Le Braz en tenue d’atelier :

      Pareille à l’aube… tu… t’élèves
      Ra…dieuse Fra…a…ternité.

   Ils passèrent, et parut un nouveau drapeau, celui de la Bourse du travail, large et flottant doucement. Pélo le portait avec fierté, entouré de camarades. Et au premier rang marchait le Docteur. Leur chant grave couvrait celui des enfants :

      Le voilà ! Le voilà ! Regardez !
      Ils flottent et fiers ils bougent,
      Ses longs plis au combat préparés.
      Osez le défier, notre superbe drapeau rouge !
      Rouge du sang de l’ouvrier…

    Ils étaient là tous, ceux que je voyais ordinairement chez nous : Pierre, le typographe ; Calvez, le plâtrier ; Guénic, le facteur, avec ses larges épaules et sa moustache de vieux sergent ; Bahier, le comptable, l’air pâle et fatigué, et ceux des chemins de fer, des gars solides aux larges mains. Tous chantaient. Dans la foule, on se montrait quelques femmes parmi eux : des « Louise Michel »… Et enfin venait un char, un char magnifique, tendu de rouge et d’or comme la bannière des Enfants du Peuple. Ses roues étaient garnies de feuillage. Il avançait lentement à travers la grande allée. Et sur le char, en avant, deux forgerons appuyés sur leur enclume paraissaient garder une belle jeune fille, assise sur un trône, vêtue de blanc et tenant un sceptre à la main.
« Comme c’est beau ! Vite, nous dit ma mère, suivez-moi… »
Nous eûmes bien du mal à nous dégager de la foule. Mais nous réussîmes enfin à rattraper les Enfants du Peuple et à nous glisser dans leurs rangs. Ils chantaient un hymne à la Cité future. Et nous reprîmes avec eux :

Tous les siècles pierre à pierre
En chantant l’élèveront…

Louis Guilloux, La Maison du peuple, chapitre XXV – Grasset – 1927