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Terre à ciel – « Quatre chevaux de hasard » par Jean Palomba » – juillet 2019

L’espère-lurette, chronique po&tique, par Jean Palomba

(lire l’ensemble ici)

« Quatre chevaux de hasard n’est pas le dernier livre de Mérédith Le Dez. Mais la poésie, l’univers poétique, qu’est-ce qu’ils en ont à faire de l’actualité du marché et des nouvelles nouveautés qui voudraient recouvrir les anciennes antiennes ? Ce serait comme croire escamoter telle planète de poèmes, tel ou tel monde paru il y a quand, il y a peu, il y a loin, là, tout près.

Depuis 2015, aux Éditions Folle Avoine, Quatre chevaux de hasard vont l’amble, se cabrent ou prennent le grand galop. D’abord enclos entre les pages dans leur robe safranée, il faut pour qu’ils apparaissent user d’un stylet – acte cavalier du lecteur volontaire.

Quatre cavales mystérieuses, célestes s’ébrouent alors au fil des mots parcourant cinq cahiers au long cours, cœur léger, cœur vaillant, cœur lourd… vers quelle apocalypse ? Hermétisme foisonnant d’une langue qui toujours s’ouvre avec des images et des sensations musicalement filées. Surréalité des poèmes qui leur confère un aspect pictural et rythmique, cubiste, reflétant les paysages intérieurs et ceux du monde. Quatre couleurs : le mauve de l’ombre, la nuit blanche, les bleus du petit matin, les jaune des plages et de la rouille. Et puis : la mort ou l’art – métaux d’une épée à lame hésitante, entre zénith et nadir. Un destin en suspens.

Les poèmes saillent, d’une beauté miraculeuse, à force que la langue soit tournée comme l’argile avant la venue des émaux. Des reprises d’un poème l’autre et d’un cahier l’autre. Foulées ininterrompues, fluidité des transitions dès l’abord du livre. Comme si tout le texte se tissait à partir du poème en exergue. Comme si le texte était un vêtement cousu à même la peau, respirait avec elle, se tricotait au rythme de sa respiration. […] »

Ouest-France –  Jeudi 4 avril 2019 – Carhaix – Rencontre Prix du Roman 2018

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